L'art de sentir
Mouillette, peau, patience : la méthode des parfumeurs pour entendre ce qu'un parfum a à dire.

La mouillette, première écoute
Le parfumeur ne met jamais le nez dans le flacon. Il trempe une mouillette — fine bande de papier — et la tient à distance du visage, puis la rapproche lentement. L'alcool s'évapore, le parfum s'ouvre : c'est la première écoute.
Ne frottez jamais vos poignets l'un contre l'autre : la friction chauffe le jus et casse le déroulé des notes de tête. Vaporisez, laissez sécher, respirez.
La peau, seule vérité
Un parfum est un dialogue : c'est votre peau qui répond. Après la mouillette, vaporisez au poignet ou au creux du coude, puis laissez le temps faire son œuvre. Revenez une heure plus tard, puis le soir : ce que vous sentez alors, c'est le fond — et c'est lui qui vous accompagnera.
Entraîner son nez
Le nez s'entraîne comme une oreille. Sentez consciemment : une épice dans votre cuisine, l'écorce d'un citron, la pluie sur la terre chaude. Nommez ce que vous sentez. Les parfumeurs mémorisent ainsi des centaines de matières, jusqu'à reconnaître une rose de Damas entre mille roses.

